Ouvrir son capital: comprendre la levée de fonds en equity
Une levée de fonds en Equity, souvent qualifiée de "financement dillutif" pour les entrepreneurs, revient à lever des fonds pour son entreprise en échange de parts du capital. Elle peut prendre plusieurs formes, en fonction notamment du niveau de maturité de la société.
12/15/20254 min temps de lecture
Une levée de fonds en Equity, souvent qualifiée de "financement dillutif" pour les entrepreneurs, revient à lever des fonds pour son entreprise en échange de parts du capital. Elle peut prendre plusieurs formes, en fonction notamment du niveau de maturité de la société.
Private Equity, le financement du non-côté
Le private equity regroupe l’ensemble des investissements en fonds propres réalisés dans des entreprises non cotées. Il se décline généralement en plusieurs segments: capital-risque, capital-développement, et capital-transmission.
Le capital-risque (Venture Capital) s’adresse aux entreprises jeunes, souvent innovantes, en phase de création ou de fort développement initial. Le risque y est plus élevé, car l'entreprise n'est généralement pas encore rentable, le modèle économique doit encore faire ses preuves, mais le potentiel de croissance est important. Ces entreprises sont généralement en phase d'amorcage (seed). En plus de l'apport financier, les investisseurs en capital-risque apportent souvent un accompagnement stratégique, un réseau, un mentoring et une expertise sectorielle. La dilution des parts de l'entrepreneur est importante (en pratique jusqu'à 30% de parts cédées). Les investisseurs ne s'attendent pas à un rendement immédiat, l’objectif est plutôt une sortie à moyen terme, généralement par cession de parts ou introduction en Bourse.
Le capital-développement (Growth Capital) cible des entreprises plus matures, dont l’activité est déjà rentable ou proche de l’être, et qui cherchent à financer une nouvelle phase de croissance: expansion internationale, lancement de nouveaux produits, acquisitions stratégiques. Ces entreprises sont généralement des PME ou ETI bien installées, ou des start-up ayant atteint leur seuil de rentabilité. La dilution est en principe plus limitée que dans le capital-risque, car la valorisation de l’entreprise est déjà plus élevée et le risque de perte est plus faible. L'apport non-financer des investisseurs (conseil, mentoring, expertise) est moins important qu'en phase d'amorçage.
Le capital-transmission (Buy-out) correspond à l’acquisition, totale ou majoritaire, d’une entreprise établie. Ce type d’opération intervient fréquemment lors de la transmission d’une entreprise, du départ d’un fondateur ou de la réorganisation de l’actionnariat. Généralement accompagnée d'une ou plusieurs tranches de financement bancaire LBO (leveraged-buy-out), ces-dernières ne sont pas compatibles avec les principes de la finance islamique en raison du caractère usuraire des opérations. Des alternatives existent toutefois, nécessitant un peu d'ingénierie financière.
Introduction en Bourse
L’introduction en Bourse (IPO) constitue une forme spécifique de levée de fonds en equity, réservée aux entreprises ayant atteint une taille critique et un niveau de maturité suffisant. Elle permet à une entreprise de lever des capitaux auprès d’un large public d’investisseurs, d’accroître la notoriété de l’entreprise et d’offrir de la liquidité aux actionnaires historiques. En contrepartie, la société doit se conformer à des exigences réglementaires strictes en matière de transparence, de gouvernance et de communication financière, et accepter une exposition accrue aux fluctuations des marchés.
Le choix de la forme juridique
La forme juridique de votre entreprise (SA, SAS, SARL, SCA ou SCS) aura un impact sur la levée, car elles ne se prêtent pas de la même manière à l’entrée d’investisseurs externes.
La SAS (société par actions simplifiée) est aujourd’hui la forme la plus utilisée pour les levées de fonds, en particulier dans les start-up et les PME en croissance. Sa grande souplesse statutaire permet d’aménager librement les droits des investisseurs, éventuellement complétée par un pacte d'associé. Cette flexibilité en fait une structure très appréciée, et permet de structurer des opérations conformes aux standards charaïques de l'AAOIFI par exemple. En revanche, une SAS ne pourra pas réaliser d'introduction en bourse, elle devra changer de forme si elle souhaite y avoir recours.
La SA (société anonyme) est historiquement la forme de référence pour les entreprises de taille importante et constitue un passage quasi obligatoire pour une introduction en Bourse. Elle offre un cadre juridique plus rigide mais rassurant pour les investisseurs institutionnels, avec des règles strictes de gouvernance, de capital et de transparence. En contrepartie, la mise en place et la gestion d’une SA sont plus lourdes et plus coûteuses.
Les SCA (société en commandite par actions) et SCS (société en commandite simple) sont des formes plus spécifiques, permettant de dissocier pouvoir et capital, en distinguant commandités (gestionnaires, responsables indéfiniment) et commanditaires (investisseurs). Ce schéma est idéal pour les entrepreneurs qui souhaitent accueillir des investisseurs tout en gardant le contrôle sur la gestion de leurs opérations. L'utilisation de la commandite reste marginale dans le capital-risque classique, mais elle retrouve tout son sens pour un entrepreneur qui souhaiterait se conformer aux principes de l'islam (voir notre article Société en Commandite: la mudaraba du droit français).
Enfin, la SARL (société à responsabilité limitée) est peu adaptée aux levées de fonds significatives. Les parts sociales sont moins facilement cessibles que des actions, et le formalisme juridique limite la possibilité de structurer finement les droits des investisseurs. Ce type de société convient davantage à des projets entrepreneuriaux familiaux, avec un nombre restreint d’associés. Elle peut cependant être utilisée en complément d'une SCA, pour regrouper les commandités au sein d'une même structure.
Vous êtes entrepreneur ou dirigeant d'entreprise?
Faites confiance à SBSC pour structurer votre levée de fonds conforme aux principes de la finance islamique
Powered by Hostinger
Ce site est édité par la société SB Strategy & Consulting, société par actions simplifiée au capital de 10€ dont le siège social est situé en France, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Versailles sous le numéro 938090271; directeur de la publication : Jamil HENNI; contact éditeur : contact@sbsc.finance; site hébergé par Hostinger
